ALL HALLOWS' EVE (2013)

 

Titre français : All Hallows' Eve
Titre original : All Hallows' Eve
Réalisateur : Damien Leone
Scénariste Damien Leone
Musique : Noir Deco
Année : 2013
Pays : Usa
Genre : Film à sketches
Interdiction : -12 ans
Avec Caitlin Stasey, Sianoa Smit-McPhee, Leigh Parker, Reanin Johannink...


L'HISTOIRE : Le soir d'Halloween, Sarah, une baby-sitter, garde Timmy et Tia, un frère et sa sœur. Au cours de la soirée, le garçon trouve une cassette vidéo dans son sac à festin parmi divers bonbons et autres friandises. Ne pouvant résister devant l’insistance des enfants et de sa propre curiosité, Sarah accepte de regarder le contenu de la bande VHS, qui comporte trois contes de terreur, tous reliés entre eux par un meurtrier masqué, un inquiétant clown. Une fois la nuit venue, il semble se passer des choses étranges dans la maison. Il ne faut alors pas beaucoup de temps avant que la baby-sitter apprenne l'horrible vérité...


MON AVISDepuis le fameux Creepshow, j’ai toujours été un grand fan de films d'anthologie d’horreur, car pour être complètement honnête, je trouve qu'il est plutôt facile d'entrer dans quelque chose qui est court plutôt que de regarder un film horrifique plus long et parfois plus soporifique à la place ! Mieux vaut ainsi s’ennuyer la bagatelle d’une vingtaine de minutes que pendant une heure trente ! Et puis sur l’ensemble des sketches de tels longs-métrages omnibus, il y en a toujours un qui est regardable, non ?! De plus, depuis l’honnête adaptation du roman de Stephen King Ça, j’ai toujours eu un faible pour les clowns meurtriers au faciès inquiétant et ici, si on se référait à la jaquette, on était en droit de s’attendre à un comique very bad-ass comme on dit chez nos amis d’outre-Manche et chez leurs cousins d’outre-Atlantique. Verdict ?

Le principe de All Hallows’ Eve (qui signifie The Eve of All Saints' Day en anglais et peut se traduire par : la veillée de la Toussaint) est assez simple. Le soir d’Halloween, un jeune garçon trouve une VHS dans son sac de bonbons quand il déballe tout son arsenal chez sa baby-sitter, qu’ils ne mettent pas longtemps à convaincre, lui et sa sœur, de visionner. Or la cassette vidéo comporte trois courts-métrages, qui semblent tous impliquer un clown meurtrier.

La première histoire est très étrange, avec Casey, une jeune femme qui attend un train quand elle rencontre un clown sur le quai. Celui-ci essaie de capter son attention par tous les moyens possibles, puis après un moment de distraction, elle se retrouve droguée et se réveille enchaînée dans une sorte de tunnel de métro avec deux autres filles qui lui apprennent que quelqu’un vient les chercher une à une et qu’on ne les revoit jamais…
C'était vraiment très bizarre. Je n'ai pas trouvé cela effrayant mais éprouvé la sensation d’avoir vu quelque chose de singulier et surtout de très amateur. Le jeu des acteurs était assez horrible et les effets spéciaux encore pires, sauf le maquillage de l’homme oiseau, qu’on ne voit que trop peu, malheureusement. Mais alors le grimage du type à la Toxic Avenger du pauvre et celui de l’être diabolique étaient proprement pitoyables ! J'ai trouvé le tout assez inintéressant et trop énigmatique : que venait faire l'humanoïde souterrain en compagnie du diable et de ses sbires ? Que faisaient-ils vraiment subir aux jeunes femmes séquestrées ? Quid du rôle du clown au début de ce segment ? Celui d’un rabatteur pur et simple ? Quel était le but véritable de cette brève pour commencer ? Mystère. Toutefois, cela est vite oublié quand on voit les réactions de Sarah et des enfants qui regardent le film et qui apparaissent terrorisés à l’écran. La baby-sitter ne tarde pas d’ailleurs à mettre tout le monde au lit mais ne résiste pas à la tentation d’un autre court-métrage et de fait nous non plus.

Dans le second court, nous découvrons Caroline, une jeune femme qui vient d'emménager dans une maison de province. Elle est en train de téléphoner à une amie et vante les bienfaits d’habiter à la campagne, mais bientôt, elle commence à voir et à entendre des choses autour d’elle. Puis tout à coup, une sorte d’extraterrestre arrive et la poursuit dans toutes les pièces de la maison pendant environ dix minutes. 
L’alien est bien évidemment un gars dans un costume qui fait de son mieux pour ne pas paraître ridicule. Eh bien c’est raté ! C’était vraiment terrible, le déguisement n’était pas original pour deux sous : un masque à la Roswell en provenance de l’area 51 plus un appareil respiratoire ne font pas de vous un extraterrestre belliqueux, bien au contraire, surtout quand vous ondulez les bras version je suis en boîte de nuit, je fais des vagues ! Ridicule ! Heureusement, ces défauts sont immédiatement oubliés lorsque le visage du clown réapparaît sur un tableau et que l’on voit Sarah qui commence à entendre des bruits à la fenêtre de sa maison pendant qu’elle regarde la vidéo…

Dans l'histoire suivante, une jeune femme, dont on n’apprendra jamais le prénom, semble perdue sur une route en direction de New York quand elle s’aperçoit qu’elle est à court d’essence. Heureusement, elle entrevoit une station service et s’y rend. Malheureusement, elle assistera à l’assassinat de l’employé principal par le clown malfaisant. Elle essaie ensuite de s'échapper, mais ce dernier (qui s’appelle en fait Art le clown) semble bien décidé à la rattraper…
Je ne vais pas gâcher la fin du court glauque à souhait, mais c’est là, la meilleure partie du film. Ce dernier segment est, par ailleurs, très intense car on y suit les pérégrinations de la jeune fille qui, telle une souris aux prises avec un chat affamé, est poursuivie sans relâche par le clown maléfique et essaie par tous moyens de le semer. Va-t-elle réussir à s’échapper ?

Puis, comme vous vous en doutiez depuis le début, le métrage rebascule sur la trame initiale, à savoir celle de la baby-sitter dont la vidéo va vraisemblablement changer la vie, tout du moins la soirée. Cette histoire est finalement assez moyenne (l’actrice principale faisant trop de grimaces avec son visage à mon goût) sauf quand elle sert de transition et qu’elle nous réserve une fin vraiment appréciable, même si pompée sur Ring, mais bon, avouez qu’il y a pire comme référence cinématographique !

Dans la pure tradition du slasher classique, le quasi débutant Damien Leone avec son All Hallows’ Eve a essayé de nous concocter un long-métrage de fan en essayant de capturer l'esprit des grands films d'horreur des années 70 et 80 tout en tentant de repousser les limites encore plus loin. Malheureusement, si l’idée du métrage est sympathique, son exécution l’est moins. On n’a pas de CGI de folie et les acteurs, excepté le clown, sont mauvais et je suis d’ailleurs sûr qu’on en trouve de bien meilleurs dans l’industrie du porno ! Mais c'est un long-métrage d’anthologie horrifique, donc inégal par définition. La première partie est de facture très moyenne car trop énigmatique, pourtant elle commençait bien. La seconde histoire est terriblement mauvaise, c’est certainement la pire partie de ce film. Tout y est lamentable : le jeu des acteurs, l'histoire, les costumes. C’est mal fait et ennuyeux au possible. C’est d’autant plus frustrant et difficile à supporter que le clown n’apparaît que trois secondes et à la toute fin ! Le troisième segment constitue assurément la meilleure partie du métrage. C’est un peu comme les dernières minutes d'un film d'horreur classique où le méchant suit la dernière fille survivante. Le clown joue ici un grand rôle et ne déçoit pas. Puis, on a le droit à une seconde fin avec l'histoire de la baby-sitter en train de regarder ces films et on est finalement content que ça se finisse comme ça. All Hallows’ Eve est certes un film d'horreur bien moins efficace que Trick 'r Treat car il sent l’amateurisme à plein nez avec ses effets spéciaux malingres et ses acteurs de seconde zone. Il peut toutefois constituer un film relativement divertissant pour une soirée d’Halloween entre potes pas trop regardants car son clown vaut quand même le coup d’œil.




Vincent DUMENIL

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