ALTERED (2006)

 

Titre français : Altered
Titre original : Altered
Réalisateur : Eduardo Sanchez
Scénariste Jamie Nash
Musique Tony Cora, Exiquio Talavera
Année : 2006
Pays : Usa
Genre : Extraterrestre
Interdiction : -12 ans
Avec Paul McCarthy-Boyington, Brad William Henke, Michael C. Williams...


L'HISTOIRE : Aux Etats-Unis, dans une forêt loin de tout, Cody, Otis et Duke, des chasseurs un peu rednecks sur les bords, capturent une bien étrange créature. Ils décident de l’emmener chez Wyatt, un vieil ami qu’ils n’ont pas revu depuis une éternité et qui ne souhaite pas, dans un premier temps, se mêler de leurs affaires. En effet, il semble craindre l’entité pour on ne sait quelle raison et ne paraît pas ravi de revoir ses vieux potes avec lesquels il partage pourtant un terrible et ancien secret. Malgré cela, il leur ouvre la porte. Hope, la petite amie de Wyatt, appelle alors la police, mais avant que le shérif local n’arrive, tous les ingrédients sont réunis pour qu’une nuit de terreur s’ensuive…


MON AVISRéalisé par Eduardo Sanchez à qui l’on doit pour partie le très surestimé Le Projet Blair Witch (l’autre moitié étant due à Daniel Myrick qui, de son côté, œuvre aussi dans le cinéma de genre avec Solstice), le récent mais moyen Exists et le trop méconnu mais honnête Lovely Molly, Altered (titré aussi Altered - les Survivants) est un DTV débarqué chez nous avec pas mal de retard, mais on va vite comprendre pourquoi.

Pour faire simple, Altered tourne essentiellement autour de sept personnages (y compris le séquestré), et seulement deux, trois endroits avec principalement la maison, le garage et l’atelier de Wyatt (interprété par Adam Kaufman, seul acteur au Curriculum Vitae convenable avec une tête connue et ayant joué dans la saison 4 de la série Buffy contre les vampires). Cela lui confère donc la nature d’un huis clos, donnant une véritable atmosphère de cocotte-minute, avec une tension qui se développe rapidement dans le film et prête à exploser à tout moment alors que Wyatt et ses amis bataillent sur la façon de gérer l'étranger retenu en captivité. Avec tous ces éléments, on retrouve ainsi la patte de Sanchez et son goût pour les endroits isolés et sa manière de faire peser sur les protagonistes une menace permanente venue dont on ne sait où. Malheureusement, peut-être que tout cela peut dégager un certain capital sympathie chez certains, mais pour des spécialistes comme nous, c’est l’ennui total car ce n’est jamais original (c’est vrai quoi, le script rappelle trop Dreamcatcher en transposant les lieux !) et surtout, le manque de budget se fait vite ressentir sur l’ensemble.

Jamais une idée vraiment intéressante n'émerge donc de ce métrage, sinon que l'alien est dans la place, qu'il est dangereux (car il ne faut pas le regarder dans les yeux sinon il vous contrôle pour une courte durée) et que certains des personnages sont possiblement infectés. Et peut-être encore que les copains du martien vont rappliquer, c’est pourquoi Wyatt, qui semble être connecté avec l’entité (aurait-il été victime d’une abduction dans sa prime jeunesse ? Allez savoir…), ne sait pas trop comment se placer par rapport aux événements ayant lieu dans son hangar. Tantôt impuissant, tantôt leader, il change perpétuellement d’attitude et désarçonne souvent le spectateur par ses choix. Mais il n’est pas le seul à agir étrangement. Ses comparses, en plus de leurs dialogues assommants voire complètement insignifiants, font des erreurs de débutants. A croire qu’ils n’ont jamais visionné de film d’horreur les malheureux ! Par exemple, ils oublient de fermer et verrouiller les portes derrière eux, ils franchissent la ligne de peinture rouge sur le sol autour de l'étranger qu'ils ne sont pas censés dépasser et surtout, ils continuent de regarder le captif dans les yeux. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été prévenus les bougres !

Et puis, le look on ne peut plus kitsch de l'alien tout droit sorti des séries B des années 50 n’aide pas vraiment le film à décoller. Son costume vert est risible, mais avec ses mâchoires et ses yeux grotesques, il rappelle un peu les monstres de Le Continent des Hommes Poissons' de 1979, c’est dire si c’est daté ! Pourtant, Altered est tout de même assez saignant (voir la scène avec les boyaux qui sortent de l’estomac d’un des personnages ou encore celle avec un protagoniste contaminé qui voit sa chair se décomposer) et les SFX mettent assez bien en valeur l’aspect crasseux du métrage (cf. la scène dans la baignoire). Il est juste alors dommage que l'extraterrestre ne soit pas resté caché sous sa couverture ou plongé dans la pénombre plus longtemps !

Assez gore mais porté par des acteurs peu convaincants débitant des dialogues navrants, Altered est en plus plombé par un scénario aussi mince qu’une feuille de papier hygiénique et des maquillages antédiluviens datant du siècle dernier ! Les rares moments de tension sont loupés, ce qui en fait un film d’otages et ravisseurs complètement raté. Et je ne vous parle pas de la fin venue d’ailleurs, c’est le cas de le dire ! Bref, un huis clos horrifique que l’on oubliera aussi vite que possible.




Vincent DUMENIL

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