BLOOD CAMP (2008)



L'HISTOIRE : Le camp d'été de Manabe voit déferler une horde d'adolescents irrévérencieux venus passer un séjour haut en couleurs près du lac d'Arawak. Le directeur et le responsable des moniteurs se cachent bien de leur révéler que l'endroit a été le théâtre d'un sanglant massacre perpétré par Angela, la tueuse transsexuelle. Pendant qu'une bande d'ados prend comme souffre-douleur le balourd Alan, un mystérieux tueur s'amuse à recommencer le massacre au camp d'été…


MON AVIS : En 1983, un slasher somme toute assez quelconque et ennuyeux, se voyait hisser dans les rangs des franches réussites uniquement pour son final grand-guignolesque et particulièrement tétanisant. Massacre au camp d'été, réalisé par Robert Hiltzik, voyait son tueur/tueuse Angela propulsé(e) au rang des boogeymens cultes, au même titre que Jason et Freddy. Notre meurtrière en puissance allait refaire parler d'elle dans deux suites assez lamentables mais misant néanmoins sur un humour décontracté, dans les bien nommés Massacre au camp d'été 2 et Massacre au camp d'été 3. Suivra un court métrage en 2002 intitulé Sleepaway Camp 4 : the survivor, encore plus nul que ses prédécesseurs. On pensait en avoir fini avec Angela jusqu'à ce que le réalisateur de l'original décide de retourner sur les lieux de son carnage en 2008, avec ce Return to Sleepaway Camp, rebaptisé chez nous Blood Camp.

Malheureusement pour nous, Robert Hiltzik ne fait guère mieux que son film de 1983. Blood Camp s'avère assez poussif et pas très intéressant durant une bonne heure, préférant perdre son temps avec les déboires du gros Alan, ado complexé en perpétuel conflit avec les autres vacanciers qui ne cessent de le brimer mais il faut avouer qu'il le cherche bien aussi. Blagues à deux balles, moqueries, bagarres, tout ce qui lui arrive nous passe au-dessus de la tête et on aimerait bien que le réalisateur l'oublie une bonne fois pour toute et commence à charcler son casting de façon brutale parce qu'on est quand même censé être dans un slasher movie, que les ados sont crétins comme il faut et qu'on aimerait donc bien les voir se faire étriper, éventrer, massacrer. Ce qui met quand même un certain temps à arriver.

Durant la première heure, on assistera à seulement deux ou trois meurtres, certes réalisés de façon sympathique, avec des effets de maquillage assez réussis mais bon, rien de bien transcendant, surtout que le premier meurtre dans de l'huile bouillante et dans la cuisine du camp nous renvoie directement à l'un des meurtres de l'original. Il faudra donc attendre la dernière demi-heure pour que Blood Camp prenne enfin son envol et nous fasse passer un bon moment, multipliant les massacres et accélérant son rythme. Franchement, cette dernière partie du film est assez jouissive et relève nettement le niveau de l'ensemble. Il y a du gore, quelques références cinéphiliques et un final en forme de clin d'œil assez bien amené, même si on avait deviné le twist depuis belle lurette. Il était temps que ça démarre en tout cas, dommage d'avoir attendu si longtemps pour enclencher la seconde.

Blood Camp reste au final un slasher plus que moyen, qui déçoit par son manque de dynamisme et son quota de meurtres trop peu nombreux pour un slasher digne de ce nom. Reste une dernière demi-heure sympa et le plaisir de revoir Felissa Rose dans le rôle de son personnage culte…


Titre français : Blood Camp
Titre original : Return to Sleepaway Camp
Réalisateur : Robert Hiltzik
Scénariste : Robert Hiltzik
Musique : Rodney Whittenberg
Année : 2008 / Pays : Usa
Genre : Néo-slasher / Interdiction : -12 ans
Avec Felissa Rose, Vincent Pastore, Michael Gibney, Isaas Hayes, 
Lenny Venito, Erin Broderick...



Stéphane ERBISTI

LE BLOB (1988)



L'HISTOIRE :  Une météorite s'écrase à proximité d'une paisible bourgade, libérant un organisme extraterrestre rose et gluant qui va croître en taille et en avidité au fur et à mesure qu'il absorbera ses victimes. Enfreignant l'incrédulité de la police et les autorités scientifiques, un jeune rebelle et son amie vont tenter de survivre et de stopper la progression du monstre...


MON AVIS : En 1958, Steve McQueen faisait déjà connaissance avec ce nouveau monstre du bestiaire du cinéma fantastique, le Blob, dans Danger Planétaire. 14 ans plus tard, la masse gélatineuse faisait son retour sur les écrans dans Attention au Blob de Larry Hagman. Et puis, plus rien. La menace rose invertébrée venue de l'espace disparaît des satellites et des radars cinématographiques.

Jusqu'à cette année 1988 où Chuck Russell, qui vient de remporter un succès phénoménal l'année précédente avec son premier film, Freddy 3 les Griffes du Cauchemar, décide de le faire venir une nouvelle fois sur notre bonne vieille planète Terre. Et comme les effets spéciaux ont fait un prodigieux bond en avant, le spectacle promet d'être percutant. Et il l'est ! Franchement, Le Blob version 1988 est une petite bombe de série B qui mérite vraiment d'être remise en avant et d'être réévaluée à la hausse tant elle est dynamique et propose des séquences renversantes. Jamais notre gélatine rose n'a paru aussi terrifiante et gloutonne, admirablement bien mise en scène par les équipes de FX.

Il faut voir cet homme entièrement englouti dans la masse rose et tentant d'en sortir ou ce cuistot qui voit tout son corps être aspiré dans la canalisation de son évier (!!) quand ce n'est pas toute une salle de cinéma qui doit tenter d'échapper à un Blob qui atteint une taille surdimensionnée et qui se faufile absolument partout, chaque interstice, aussi petite qu'elle soit, lui servant de porte d'entrée. A chacune de ses apparitions, le Blob provoque la naissance d'un grand sourire sur notre visage et on félicite intérieurement Chuck Russell de l'avoir remis au goût du jour, surtout que le réalisateur se laisse aller, n'hésitant pas à sacrifier à son monstre un jeune enfant !

Le film est mis en scène avec brio, possède un rythme alerte et nous présente des personnages certes très clichés, tels le joueur de football américain (Donovan Leitch Jr.), le rebelle au blouson de cuir noir qui va évidemment devenir le héros au cœur tendre (Kevin Dillon) ou la pom-pom girl super jolie (Shawnee Smith, future Amanda de la saga Saw) mais qui correspondent tout à fait à l'ambiance recherchée.

Personnellement, je trouve que Le Blob version 1988 est un archétype du film d'horreur 80's comme peut l'être Vampire, vous avez dit Vampire ? par exemple. Franchement, Chuck Russell a réussi son remake haut la main. L'intervention des militaires vers le milieu du film lui donne même un sous-texte intéressant sur la course à l'armement et sur le danger de la recherche sur les armes biologiques. Encore un cliché me direz-vous mais il sert encore une fois admirablement bien le film. Une vraie réussite, je vous le dis...



Titre français : Le Blob
Titre original : The Blob
Réalisateur : Chuck Russell
Scénariste : Chuck Russell, Frank Darabont
Musique : Michael Hoening
Année : 1988 / Pays : Usa
Genre : extraterrestre, monstre / Interdiction : /
Avec Kevin Dillon, Shawnee Smith, Joe Seneca, Donovan Leitch, Del Close...





Stéphane ERBISTI

BLIND WOMAN'S CURSE (1970)


L'HISTOIRE : Pour venger son père du clan Tachibana, Akemi devient chef de gang et va affronter la bande rivale responsable du décès de son paternel. Durant cette rixe meurtrière, Akemi donne involontairement un coup de sabre à une jeune femme qui devient aveugle, un chat noir venant lécher la blessure de cette dernière. Pour Akemi, ceci est le symbole d'une malédiction qui vient de s'abattre sur elle. Arrêtée, Akemi est placée en prison et rejoint son clan trois ans plus tard. Elle ne désire plus vivre dans la violence et tente d'être une chef de gang qui prône l'apaisement. Mais un gang local, dirigé par Dobashi, ne l'entend pas de cette manière. Dans le même temps, Aiko Gouda, une femme aveugle, vient proposer ses services à Dobashi pour l'aider à anéantir les efforts d'Akemi...


MON AVIS : Le réalisateur japonais Teruo Ishii est principalement connu pour sa célèbre série des Joy of Torture, parmi laquelle on trouve des titres cultes comme L'Enfer des Tortures, Vierges pour le Shogun ou Orgies Sadiques de l'ère Edo par exemple. Spécialisé dans ce qu'on appelle l'ero-guro, à savoir le film érotique grotesque, il va livrer en 1969 l'étonnant Horrors of Malformed Men. En 1970, il réalise ce Blind Woman's Curse, dans lequel il mélange le film de sabre, le film de yakuza, le grotesque, le tout saupoudré d'une toute petite pincée de fantastique, pour un résultat assez déconcertant. La séquence d'introduction met tout de suite dans le ton : au ralenti, on assiste au combat entre deux clans rivaux, l'un d'entre-eux étant mené par la belle Meiko Kaji, future star des sagas Lady Snowblood, Stray Cat Rock ou La Femme Scorpion entre autres.

Joliment chorégraphié, cet affrontement va être le déclencheur d'un incident qui donne au film son titre : Akemi (Meiko Kaji) rend aveugle une fille qui tentait de s'interposer et qui se prend un coup de sabre qui ne lui était pas destiné au niveau des yeux. Un petit chat noir vient lécher le sang qui s'écoule, ce qui trouble le personnage interprétée par Meiko Kaji. En effet, c'est un très mauvais présage, qui annonce une malédiction. Personnellement, je m'attendais pour la suite du film à une réelle bifurcation dans le registre du fantastique pur. Honnêtement, Blind Woman's Curse n'est en rien de ce registre car la suite de l'intrigue reste tout à fait terre à terre.

Pas de spectres, pas de fantômes revanchards à se mettre sous la dent mais une histoire de clan yakuza au temps médiéval, avec traître, combat de sabre, assassinats et quelques belles gerbes de sang rouge écarlate. Meiko Kaji partage l'affiche avec deux autres actrices, l'une interprétant la belle Chie Mitsui (Yôko Takagi), fille de l'oncle d'Akemi qui tombera amoureuse d'un beau chevalier servant qui rejoindra son clan (Makoto Sato), l'autre la sabreuse aveugle venu chercher vengeance (Hoki Tokuda) et proposant ses services à un chef de gang (Tôru Abe) qui désire créer la discorde entre deux clans rivaux pour en tirer partie. Ce dernier est particulièrement antipathique, se livrant à la prostitution et aux trafic de femmes, souvent pour son propre plaisir pervers. Si l'intrigue principale reste très ancrée dans le réalisme, les personnages secondaires et certaines situations ou comportements versent ouvertement dans le grotesque si cher à Teruo Ishii, donnant au film une connotation des plus étranges et effectivement, à la limite du fantastique.

Le protagoniste le plus emblématique de cette recherche du grotesque reste sans conteste Ushimatsu, l'associé de la sabreuse aveugle. Bossu, sautant comme un chat à des hauteurs inaccessibles, empailleur et découpeur de tatouage, ce drôle de numéro est interprété par l'artiste de théâtre Tatsumi Hijikata, l'inventeur de la danse Butoh. Possédant une troupe spécialisée dans le grotesque, il avait déjà fait sensation avec cette dernière dans Horrors of Malformed Men justement. Il récidive donc dans Blind Woman's Curse et apporte une réelle touche d'étrangeté au film. On pourra également citer l'un des yakuzas d'Akemi, au faciès déconcertant et au mimique risible. Cette dualité entre film de sabre classique et personnages ou situations grotesques déconcerteront assurément un public ne sachant pas trop à quoi s'attendre avec ce film. Toujours est-il que les fans de Meiko Kaji apprécieront de voir leur égérie dans son premier grand rôle, même si elle disparaît parfois durant de longues minutes avant de réapparaître à l'écran. La séquence finale est quant à elle sublime, revenant à la tradition de l'affrontement en duel, le tout filmé sous une peinture de ciel orageux du plus bel effet. Assez atypique dans sa réalisation et dans ce qu'il nous propose, Blind Woman's Curse possède pas mal de petits défauts mais ces derniers font aussi partie de son charme et ils sont souvent contrecarrés par de jolies trouvailles visuelles et quelques effets gores qui rendent le spectacle attachant dans son ensemble. Une curiosité.


Titre français : Blind Woman's Curse
Titre original : Hîchirimen Bâkuto - Nôbarydu Takahadâ
Réalisateur : Teruo Ishii
Scénariste : Teruo Ishii, Chûsei Sone
Musique : Hajime Kaburagi
Année : 1970 / Pays : Japon
Genre : Insolite / Interdiction : /
Avec Meiko Kaji, Hoki Tokuda, Makoto Satô, Hideo Sunazuka, Shirô Ôtsuji...





Stéphane ERBISTI

BLANCHE NEIGE ET LE CHASSEUR (2012)



L'HISTOIRE : Dans une réécriture du conte des frères Grimm, le chasseur supposé tuer Blanche Neige dans les bois devient son protecteur et son mentor afin de monter une armée pour reconquérir le royaume, et libérer le peuple du joug de l'impitoyable Reine Ravenna...


MON AVIS : L’année 2012 voit apparaître au cinéma deux films narrant les aventures de Blanche Neige, tirés tous deux du célèbre conte des frères Grimm. Alors que le premier, mettant en scène Julia Roberts, est destiné à un public plutôt jeune, le second est quant à lui bien plus sombre et s’apparente bien plus à un film d’heroïc-fantasy.

Réalisé par un certain Rupert Sanders, qui jusqu’alors n’a travaillé que dans la publicité audiovisuelle, ce second film intitulé Blanche-Neige et le Chasseur a fait un joli score au box-office américain et siège fièrement à la seconde place du box-office français en cette fin de juin 2012, derrière un certain Madagascar 3, bons baisers d’Europe. Fort d’une bande-annonce énergique, rappelant entre autres la saga culte de Peter Jackson Le Seigneur des Anneaux, ce premier film de Rupert Sanders ne passe pas inaperçu et fait rapidement oublier le premier film mettant en scène la belle Blanche Neige en cette année 2012. Mais qu’en est-il réellement de cette nouvelle adaptation du conte des frères Grimm ?

Comme dit avant, cette nouvelle version du conte de Blanche Neige est assez sombre, bien plus proche d’un Seigneur des Anneaux que du dessin animé de Disney. Mélange d’heroïc fantasy et de film épique, Blanche-Neige et le Chasseur nous gratifie donc de jolis monstres, certes très rares mais bien modélisés (un Troll un poil énervé, des monstres ailés dans une forêt des plus menaçantes, des guerriers sombres venus des Enfers…), mais également de scènes de bataille, de siège de château…

Mais, alors que la bande-annonce pouvait laisser espérer un rythme des plus haletants, il s’avère que le film de Rupert Sanders en manque cruellement par moments. Les scènes dites spectaculaires demeurent en effet peu nombreuses et sont séparées par des séquences de dialogues un brin trop longues, même si l’on demeure très loin du désastreux et soporifique épisode de La Boussole d’Or avec Nicole Kidman. Par ailleurs, on reprochera aux scènes d’action de pas être assez étoffées, notamment les scènes de batailles qui sont bien communes et dont le manque de créativité fait que le long-métrage critiqué ici souffre immanquablement de la comparaison avec des films épiques bien meilleurs sortis antérieurement. Un manque d’originalité qui lasse par moments le spectateur parfois trop (très) habitué à ce genre de cinéma.

Ne boudons cependant pas notre plaisir devant cette sympathique aventure, certes simple mais reprenant avec quelques touches fantastiques (un Troll terrifiant et des êtres imaginaires de toutes tailles), humoristiques (les nains à la retraite) et sentimentales (le lien qui se crée entre le chasseur et Blanche Neige) le conte des frères Grimm. Certes, le conte original est fortement remanié ici mais les idées de base demeurent encore présentes tout au long du film, même si ces dernières n’ont pas forcément les mêmes finalités. On appréciera par contre que le film de Rupert Sanders ne tombe pas trop rapidement dans la facilité, notamment en ce qui concerne le fameux baiser entre Blanche Neige et son prince charmant que beaucoup attendent forcément.

Notons également que le casting n’est pas en reste et s’avère être de très bonne facture. Et pour donner vie à son aventure épique et fantastique, Rupert Sanders et son équipe engagent des têtes biens connues du cinéma contemporain avec notamment la très jolie Kristen Stewart (découverte dans Panic Room où elle donnait la réplique à Jodie Foster, et vue ensuite dans la saga Twilight où elle campe le rôle de la petite amie de Robert Pattinson) dans le rôle de Blanche Neige ou encore le beau gosse Chris Hemsworth (le fameux Thor au cinéma) dans la peau du chasseur. Il est d'ailleurs intéressant de voir comment le personnage du chasseur est mis en valeur dans le film de Rupert Sanders. N’oublions pas évidemment celle qui clôture le trio d’acteurs principaux : Charlize Theron, qui joue ici le rôle de la sorcière Ravenna, un personnage qui lui va comme un gant.

Il est  amusant de voir comment les personnages ont évolué entre le conte des frères Grimm et le film de Rupert Sanders. Outre des nains sans emploi depuis le règne de la sorcière et un chasseur bel homme ne laissant pas de marbre notre héroïne, l’exemple le plus flagrant est sans conteste celui de Blanche Neige. Passée du statut de jeune et jolie princesse fragile à celui de femme guerrière prête à tout pour sauver son peuple et venger la mort de son père (une scène où elle sort de la forteresse du Duc à cheval avec derrière elle toute une armée de cavaliers fait étrangement penser à Jeanne d’Arc), Blanche Neige s’avère être une redoutable combattante, n’hésitant pas à partir au front et à affronter la magie de la sorcière.

Qui dit heroïc fantasy dit également magie, fantastique, monstres, etc. Et le pari est en parti réussi. En effet, malgré un bestiaire assez maigre au final et des scènes de grand spectacle peu étoffées, on peut saluer l’effort de l’équipe du film pour nous donner quelques monstres sympathiques à l’écran, des transformations faciales très réussies (vieillissement, rajeunissement de la peau, métamorphose de la sorcière) ainsi que des décors variés (forteresse, forêt obscure…), plaisants et parfois fourmillant de petits détails appréciables, à l'image du sanctuaire, alias le domaine des fées, où vivent nombreux animaux et êtres imaginaires. Les musiques quant à elles collent parfaitement à chaque endroit que nous découvrons au fur et à mesure que l’aventure avance.

Au final, Blanche Neige et le chasseur est une adaptation du conte des frères Grimm à l’allure d’heroïc fantasy, sombre dans son approche et remaniée à de nombreux niveaux. Certes simple et peu original dans ses scènes d’action, le film de Rupert Sanders s’avère toutefois plaisant à regarder. Simple mais agréable dirons-nous !


Titre français : Blanche Neige et le Chasseur
Titre original : Snow White and the Huntsman
Réalisateur : Rupert Sanders
Scénariste : Evan Daugherty, John Lee Hancock, Hossein Amini
Musique : James Newton Howard
Année : 2012 / Pays : Usa, Angleterre
Genre : conte fantastique, heroic fantasy / Interdiction : /
Avec Kristen Stewart, Chris Hemsworth, Charlize Theron, Sam Claflin, Ian McShane...




David MAURICE

SORTIE DVD / BR : BUNKER PALACE HÔTEL

 


Dans un pays inconnu, le Bunker Palace Hotel sert de refuge aux dignitaires d’une dictature en train de s’écrouler. Le lieu est conçu pour protéger ses occupants et leur garantir le luxe auquel ils sont habitués. Tandis que les arrivées s’échelonnent, le Président tarde à arriver. Mais Clara, une espionne rebelle, parvient à s’infiltrer dans le bâtiment...

Réalisé en 1989 par le dessinateur culte de bande-dessiné de S-F, Enki Bilal, Bunker Palace Hôtel sort le 17 octobre chez Rimini Editions en édition collector, avec 1 BR, 2 DVD et 4 cartes postales!

Au menu des bonus, on trouve :
- Entretien avec Enki Bilal (2023 – 45 min.)
- Cinémonstre (2006 – 1h15) : montage conçu par Enki Bilal à partir de ses films
- Enki Bilal, souvenirs du futur (2019 – 51 min.)
- Reportage sur le tournage (1989 – 3 min. Archive INA)


BLANCHE NEIGE : LE PLUS HORRIBLE DES CONTES (1997)

 


L'HISTOIRE : Des cheveux aussi noirs que l'ébène, une peau blanche comme de la neige, des lèvres aussi rouges que le sang…Vous connaissez la suite ! En tout cas plus ou moins. Enceinte de celle qu'elle avait hâte de surnommer blanche-neige, Lady Lilliana Hoffman meurt dans un accident de carrosse, ce qui ne l'empêchera pas d'accoucher d'une adorable enfant. Son mari s'occupe alors de sa fille, seul durant de longues années, jusqu'au jour ou il prend une nouvelle épouse, l'élégante et mystérieuse Lady Claudia. La petite subit alors ce remariage comme un affront et voit du mauvais œil sa marâtre, qui semble cacher de bien lourd secrets…


MON AVIS : Il est bon de rappeler que l'on se plaît à raconter les contes de Grimm à nos chères têtes blondes depuis des décennies alors que ceux-ci n'ont finalement rien de très innocents. Bien que le rythme souvent alerte, une certaine naïveté, et une grande part de féerie prédomine, les visions effroyables, elles, ne manquent pas. L'on sera surpris d'apprendre par exemple que le supplice du tonneau aperçu dans 2000 Maniacs faisait déjà ses premières armes dans l'un des innombrables contes des frères Grimm !

Dommage donc que ces récits merveilleux et cruels furent édulcorés au cinéma par l'Empire Disney, et que les occasions de leur donner leur sens premier n'attire pas les foules. Neil Jordan adoptera cependant cet audacieux concept le temps de son splendide La Compagnie des Loups, pervertissant le conte de Perrault avec grand talent, tout comme le fera plus tard Jan Kounen dans son malsain et kitch Le Dernier Petit Chaperon Rouge. Et Grimm, ça n'intéresse personne ? Gilliam oui, livrant alors un blockbuster assez impersonnel mettant en scène les deux frangins. Mouais…

Il faut alors jeter un coup d'œil dans certains rayons de vidéos clubs en 1997 pour dénicher un petit bijou du genre, se vantant d'être la véritable histoire de Blanche Neige ; ce qui n'est pas tout à fait exact à la vue du résultat final.

L'inconnu Michael Cohn s'évertue non pas à respecter le conte, mais à le corrompre au point de rajouter des éléments nouveaux, assez séduisants avouons-le. On est donc assez loin des frasques kitchs de La Caverne de la Rose d'or, voire des excursions onirico-psychanalistes de La Compagnie des Loups ; Cohn livre là un sacré bon film d'aventure horrifique, assez unique en son genre il est vrai.

Ce Blanche Neige - le plus Horrible des Contes veut jouer dans la cour des gros budgets sans y arriver vraiment, (un soin visuel évident, deux stars en tête d'affiche) et déçoit un peu par son rythme hésitant, mais réserve tout de même de bonnes surprises ! La meilleure d'entre elles ? Sans aucun doute la prestation de Sigourney Weaver, pour une fois moins sage qu'à l'habitude. Contrairement au dessin animé de Disney par exemple, plus focalisé sur les facéties des sept nabots, le film de Cohn semble entièrement reposer sur la reine noire, figure ici plus ambiguë que chez Tonton Mickey.

Si on ne connaît rien au départ des intentions de Lady Claudia (c'est la petite Liliana qui, ô surprise, déclare la guerre), la mort de son enfant sera le déclic de son penchant pour le mal, avec intervention du miroir maléfique, crise de jalousie envers blanche-neige et tout le tintouin.

Personnage tourmenté mais déterminé, Lady Claudia s'adonne à toutes sortes de rites magiques jusque là inédits dans le conte (la spectaculaire chute des arbres), et les tentatives de meurtre via le peigne empoisonné ou le corsage ne sont finalement pas retenues (le coup de la pomme empoisonnée, légendaire, est bien présent évidemment). Si cela aurait été le cas, on aurait trouvé alors la jeune Liliana bien sotte, à force de faire entrer des inconnues dans la chaumière malgré les avertissements des nains !

Les nains, parlons-en justement : ceux là ont été évincés, remplacés alors par un groupe de brigands pas attachants pour un sou (l'un des sept est un nain cependant… mais on s'en fout), bien que Liliana trouvera l'amour parmi eux ; drôle de Prince Charmant !

Ce clash princesse/sales brigands renvoie alors à La Chair et le Sang, mais en moins hardcore et en moins intéressant… hélas.

Sam Neill, dont la filmo est finalement assez portée sur le fantastique, s'en tire avec les honneurs, face à une Sigourney Weaver lui en faisant voir de toutes les couleurs, la jeune femme s'adonnant ainsi au meurtre, à la magie noire, au fratricide, à l'adultère voire même à l'inceste ! Tout l'érotisme et la monstruosité du personnage trouve grâce à travers le film de Cohn, au point que la charmante Monica Keena devient transparente, bouffée toute crue par le monstre Weaver. Eh ouais…



Titre français : Blanche Neige - le plus Horrible des Contes
Titre original : Snow White - a Tale of Terror
Réalisateur : Michael Cohn
Scénariste : Tom Szollosi, Deborah Serra
Musique : John Ottman
Année : 1997 / Pays : Usa
Genre : Sorcellerie, conte horrifique / Interdiction : -12 ans
Avec Sigourney Weaver, Sam Neill, Gil Bellows, Taryn Davis, Brian Glover, 
David Conrad, Monica Keena...




Jérémie MARCHETTI

BLANCHE NEIGE (2012)

 


L'HISTOIRE : Lorsque son père, le Roi, meurt, Blanche Neige est en danger. Sa belle-mère, cruelle et avide de pouvoir, l’évince pour s’emparer du trône. Quand la jeune femme attire malgré tout l’attention d’un Prince aussi puissant que séduisant, l’horrible marâtre ne lui laisse aucune chance et la bannit. Blanche Neige se réfugie alors dans la forêt… Recueillie par une bande de nains hors-la-loi au grand cœur, Blanche Neige va trouver la force de sauver son royaume des griffes de la méchante Reine. Avec l’aide de ses nouveaux amis, elle est décidée à passer à l’action pour reconquérir sa place et le cœur du Prince…


MON AVIS : Du Blanche Neige et les Sept Nains de Disney au futur «Blanche Neige et le Chasseur, en passant par Blanche Neige - le plus horrible des contes, on ne compte plus les adaptations de l’histoire popularisée par les frères Grimm. Aussi, avec ce Blanche Neige de Tarsem Singh, on peut légitimement se demander s’il y a encore quelque chose à tirer de cet univers que tout le monde connaît. La présence derrière la caméra du réalisateur indien intrigue néanmoins, apportant notamment l’espoir d’un visuel très travaillé après The Cell, The Fall et Les Immortels.

Dès les premières minutes et une sublime scène d’introduction, cette attente est pleinement comblée. Les images sont magnifiques, les décors fabuleux et les costumes seront particulièrement soignés pendant tout le film. Mais ce qui marque surtout, c’est l’aspect gentiment parodique de l’introduction, racontée par la Reine elle-même avec un certain sens du cynisme et du bon sens, critiquant le nom de Blanche Neige, s’étonnant du fait que la population ne fasse que chanter et danser (ne travaillent-ils donc jamais ?) et soulignant à de nombreuses reprises sa grande beauté. Tarsem s’amusera d’ailleurs avec les clichés largement répandus par l’oeuvre de Disney, n’hésitant pas à présenter le Prince comme arrogant et les nains (répondant aux noms très classes de Crado, Glouton, Demi-Pinte, Napoléon, Boucher, l’Instit’ et Loup) comme des voleurs. Même Blanche Neige, si elle ne perd pas totalement cette espèce d’ingénuité agaçante, se transformera peu à peu en guerrière.

Malheureusement, si la mise en place du récit et de ces écarts est plutôt agréable, le film va peu à peu revenir à une formule plus classique, au gentil conte bien propre à l’humour souvent puéril. On pardonnera ainsi difficilement ces passages où Armie Hammer (The Social Network) se comporte comme un chien, ou le comportement général de Brighton, le serviteur de la reine interprété par Nathan Lane. Tarsem Singh enveloppe peu à peu son film sous une lourde nappe d’eau de rose dans laquelle Julia Roberts voit son personnage rapidement relégué au rôle de reine un peu folle mais rigolote, loin de l’image menaçante qu’elle donnait au début du récit.

Aussi ce Blanche Neige peine-t-il vraiment à convaincre sur la durée, malgré une première partie plutôt réussie, notamment grâce à une Julia Roberts parfaite dans son rôle de Reine garce. Hélas, le film se vautre dans une seconde partie clairement destiné à un public d’adolescente, entre romance niaise et humour navrant, qui atteint son sommet dans l’immonde bouillie sonore et visuelle faisant office de générique de fin.


Titre français : Blanche Neige
Titre original : Mirror, Mirror
Réalisateur : Tarsem Singh
Scénariste : Marc Klein, Jason Keller
Musique : Alan Menken
Année : 2012 / Pays : Usa
Genre : Conte fantastique / Interdiction : /
Avec Lily Collins, Julia Roberts, Armie Hammer, Nathan Lane, Mare Winningham, 
Michael Lerner, Sean Bean...




Steeve RAOULT

BLAIR WITCH 2 - LE LIVRE DES OMBRES (2000)

 


L'HISTOIRE : Jeff Donovan, originaire de Burkittsville, est depuis toujours obsédé par la légende de la sorcière de Blair. A l'âge de 17 ans, il surprend ses amis et sa famille en kidnappant un enfant et en l'emmenant au plus profond de la forêt des Collines noires. Capturé, il refuse d'expliquer ses actions, affirmant simplement que des voix l'ont contraint à le faire. Il passe les quatre années suivantes dans un hôpital psychiatrique avant d'être apte à être réinséré dans la société. En juin 2000, il conduit un groupe de touristes dans les Collines noires...


MON AVIS : Blair Witch 2 se présente dès le début comme un documentaire sur les terribles événements qui se seraient réellement déroulés à Maryland. Le message, clairement affiché dès l'ouverture du film, explique que les images qui vont suivre sont tirées d'un documentaire fait par la télévision locale et que certains noms ont été changés pour protéger leur anonymat. De même, on a droit à des interviews et à une sorte de journal télévisé où les personnages argumentent en défaveur du film Le Projet Blair Witch, expliquant que les événements montrés ne se sont jamais déroulés. Tout est mis en œuvre pour que le spectateur pense que cette histoire de sorcière n'est que pure fiction et que ce qui va suivre n'est que la stricte réalité. Hélas, la sauce ne prend plus.

Le film s'ouvre sur la musique Disposable Teens de Marilyn Manson avec un plan aérien montrant la forêt de Blair avec quelques images rapides de meurtres. Le ton est donné : Blair Witch 2 sera beaucoup plus vivant que son prédécesseur. Le film ne se déroule plus via la caméra d'un des protagonistes mais intègre quelques moments où on les suit par ce moyen. Tout se déroule très rapidement : le décor est planté, l'histoire est explicitée, il ne reste plus qu'à suivre les personnages à la recherche de la fameuse sorcière et on assiste très vite à la première scène qui sème le doute. Après une bonne nuit de sommeil, installés dans la forêt, les personnages drôlement bien équipés (caméra infrarouge et autres attirails sophistiqués) retrouvent leur matériel cassé. Il en est de même pour leurs travaux qu'ils avaient rédigés et qu'ils découvrent en morceaux. La tension monte, les accusations fusent mais la médium du groupe, une gothique, visualise l'endroit où se trouvent les enregistrements. Ils n'ont plus qu'à les chercher et découvrir ce qu'il s'est déroulé durant cette nuit…

Autant le dire : les détracteurs du Projet Blair Witch préféreront sûrement cette suite qui ne joue que par moments sur le côté amateur. Blair Witch 2 est largement plus sanglant (pendaison, éventration), beaucoup plus rythmé et met en scène des personnages confrontés à des hallucinations (ou est-ce la réalité ?). Ce choix marque la différence qui sépare les deux films bien qu'ils soient inextricablement liés. Et même si certaines scènes sont très prévisibles, elles restent tout de même formidablement efficaces et vous vous surprendrez même à sursauter en sachant pertinemment ce qu'il va se passer. Tout n'est pas montré (mis à part les apparitions assez terrifiantes qui font penser à Regan pour ses mouvements saccadés dans L'Exorciste) et le film laisse quand même une place à l'imagination.

Mais cette suite a tout de même quelques points négatifs. Par exemple, les allusions incessantes à Projet Blair Witch deviennent pénibles et ennuyeuses. Les réalisateurs voulant à tout prix nous montrer que cette fois-ci le film est bien réel, nous avons le droit à des dialogues, objets ou blagues tournant autour du premier volet. Ces insinuations cherchent avant tout à mettre en valeur le Projet Blair Witch pour le placer au même rang que Scream et des meurtres perpétrés à la suite de son visionnage. De même, de la publicité pour le site eBay et pour quelques produits américains sont faites.

Blair Witch 2 est donc une bonne surprise, bien qu'il soit assez prévisible sur certains points. Cette suite est totalement différente du premier opus ce qui ravira, ou au contraire, déplaira.


Titre français : Blair Witch 2 - Le Livre des Ombres
Titre original : Blair Witch 2 - Book of Shadows
Réalisateur : Joe Berlinger
Scénariste : Dick Beebe, Joe Berlinger
Musique : Carter Burwell
Année : 2000 / Pays : Usa
Genre : Sorcellerie / Interdiction : -12 ans
Avec Kim Director, Jeffrey Donovan, Erica Leerhsen, Tristine Skyler, Stephen Barker...




Yann Le Biez

MARCHE OU CRÈVE (1979)



QUATRIÈME DE COUVERTURE : Mieux que le marathon... la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l'arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition... sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque année deux milliards de dollars. Sur la route, le pire, ce n'est pas la fatigue, la soif, ou même le bruit des half-tracks et l'aboiement des fusils. Le pire c'est cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu'il faut affronter : la foule, qui harangue les concurrents dans un délire paroxystique de plus en plus violent. L'aventure est formidablement inhumaine. Les participants continuent de courir en piétinant des corps morts, continuent de respirer malgré l'odeur des cadavres, continuent de vouloir gagner en dépit de tout. Mais pour quelle victoire ?


L'AVIS : Septième roman de Stephen King, après Carrie, Salem, Shining, Rage, Le Fléau et Dead Zone et second publié sous son pseudonyme de Richard Bachman (après Rage en 1977 donc).

On le sait, quand King écrit sous le nom d'emprunt de Richard Bachman, il délaisse le fantastique et l'épouvante pour des histoires plus sombres, réalistes et assez violentes. La face cachée du romancier en somme, qui hante un monde bien plus réel.

Dans Marche ou Crève, nous sommes dans un futur proche dans lequel, tous les ans, a lieu La Longue Marche, une course mortelle qui envoie 100 participants au sein d'une marche compétitive dont un seul sortira vainqueur... et vivant ! A la clé, une vie de rêve. 

De quoi faire rêver les nombreux candidats, principalement des adolescents sans idéaux pour l'avenir, et qui, qui tenter de contourner la fatalité de leur vie, s'inscrivent à cette marche mortuaire, qui est régit par des règles strictes :
- les concurrents doivent toujours marcher au minimum à 6km/h
- tout arrêt est sanctionné par un avertissement
- au bout de trois avertissements, les militaires qui encadrent la course abattent celui qui est à bout de force d'une balle dans la tête, provoquant les acclamations du public !

On va donc suivre à travers les 346 pages qui composent Marche ou Crève, et les nombreux kilomètres qui rythment la Longue Marche, le destin tragique de plusieurs protagonistes, et plus particulièrement celui du jeune héros, Ray Garraty. 

L'écrivain s'intéresse à une poignée de personnages, les fait discuter de tout et de n'importe quoi, fait naître des relations d'amitié mais aussi d'animosité entre les participants, ponctue leur longue marche de changements de climat météorologique et ne lésine pas à leur faire subir crampes, douleurs musculaires, épuisement physique et moral, perte d'envie, résignation, le tout rythmé par le bruit des fusils qui résonnent, annonçant une nouvel perte parmi les 100 candidats, dont le nombre s'égrène au fur et à mesure des kilomètres parcourus.

Un récit âpre et violent, voilà ce qui attend le lecteur au cours de ce récit qui préfigure de quelques années Running Man. Un livre assez cruel et nihiliste, du pur Richard Bachman


Auteur : Stephen King (Richard Bachman)
Titre original : The Long Walk
Éditeur : J'ai Lu
Nombre de pages : 346
Année de première parution : 1979


Stéphane ERBISTI

R.I.P. ANTHONY HICKOX

 


Né le 30 janvier 1959 à Londres, le réalisateur Anthony Hickox s'était fait un nom chez les fans de cinéma fantastique et horrifique dès 1988, année où sort son premier film, le bien connu Waxwork

Il enchaîne ensuite de nombreuses séries B de qualité, comme Sundown en 1989, Waxwork 2 - Perdus dans le Temps et Hellraiser 3 en 1992, Warlock : The Armageddon et Full Eclipse en 1993.

Il délaisse ensuite le genre et se tourne dans le film d'action, faisant jouer devant sa caméra Dolph Lundgren ou Steven Seagal entre autres.

Anthony Hickox est décédé le 9 octobre 2023.

R.I.P. JEFF BURR


C'est au tour de Jeff Burr de venir allonger la liste des R.I.P. en cette fin d'année 2023 puisque ce réalisateur, né le 18 juillet 1963 dans l'Ohio, est décédé le 10 octobre 2023 en Georgie.

Jeff Burr est principalement connu pour Nuits Sanglantes (1987), avec Vincent Price, pour Le Beau-Père 2 en 1989, pour Leatherface - Massacre à la Tronçonneuse 3 en 1990, pour Le Démon d'Halloween 2 en 1993, pour Puppet Master 4 et 5 en 1993/1994, pour La Nuit de l'épouvantail en 1995.

Dans les années 2000, il continue de signer des séries B de genre avec des œuvres telles Frankenstein et le Loup-Garou (2005), Mil Mascaras vs. the Aztec Mummy (2007) ou Puppet Master: Blitzkrieg Massacre (2018)...

R.I.P. Jeff Burr


BLAIR WITCH (2016)

 


L'HISTOIRE : James, petit frère d’une des disparues du Projet Blair Witch, croit reconnaître sur une vidéo Youtube, sa sœur. Pour en avoir le cœur net, il se rend avec quelques ami(e)s, à la rencontre des personnes qui ont posté la vidéo sur le site. Une fois arrivé là bas, tout ce petit groupe va se rendre dans la forêt de Blair afin d’essayer de retrouver la demoiselle. Bien sûr, la sorcière ne va pas les laisser camper sans leur jouer quelques mauvais tours...


MON AVIS : Voici donc la suite du fameux Le Projet Blair Witch, film précurseur de la mode du found-footage et qui fit sensation lors de sa sortie sur les écrans en 1999. A l’époque, le film avait surpris par sa réalisation aux caméscopes, en vue subjective et par une campagne de promotion très bien manigancée qui vendait le film comme un montage de réelles vidéos retrouvées. Aujourd’hui, pour cette suite faisant abstraction du deuxième volet officiel à savoir Blair Witch - Le Livre des Ombres, difficile de faire croire au moindre quidam qu’il s’agit de vraies bandes et à recréer l’effet d’annonce du premier volet mais les producteurs ont tout de même eu l’idée d’un nouveau coup marketing, certes moins spectaculaire, en annonçant le vrai titre, à savoir Blair Witch, à seulement quelques jours des premières projections. Avant cela, le métrage que l’on savait réalisé par Adam Wingard portait le nom de code The Woods. Cette petite anecdote passée, venons-en au film qui se veut donc une suite directe du Projet Blair Witch et qui narre l’histoire de James, frère d’une disparue du premier film, qui part avec quelques amis à la recherche de sa sœur suite à un indice trouvé sur une vidéo youtube. On comprend aisément avec ce speech qu’Adam Wingard semble vouloir mixer les anciens éléments et recettes à l’ancienne avec la nouvelle technologie. Ce sera effectivement le cas puisque, bien que réalisé entièrement en found footage comme à la grande époque, cette fois, au revoir caméra DV et bonjour nouvelles technologies, GPS et autres drones.

Dans sa première partie, le film tente de coller à ce qui faisait le succès de l’original. Les scènes des préparatifs pour le départ, les questionnements de chacun des protagonistes, la recherche du lieu, la rencontre avec les autochtones locaux, l’arrivée dans la forêt, tout y passe et ce n’est pas forcément glorieux. Pas navrant non plus mais très classique et peu passionnant. Ce qui est plus navrant est ce qu’il va se passer une fois l’apparition des premiers signes avertissant de la présence de la sorcière. On passera sur les farandoles de cailloux et de grigris en bois qui ne gênent pas outre mesure et qui font partis du folklore blairwitchien mais on pestera sur l’utilisation outrancière de jump scares ridicules et surtout identiques. A de multiples reprises, un des personnages va arriver et en surprendre un autre occasionnant un bruitage fracassant inutile et surtout malvenu dans un found footage. A côté de ça, pas une once d’angoisse ou de frayeur. Passé plus de la moitié du film, il faut bien avouer que ça commence à craindre !

Puis, après ces moments pénibles, le petit miracle se produit. Rien de dingue mais des séquences beaucoup mieux emballées et des vrais moments d’angoisse. A partir de l’instant où la sorcière commence à manifester ses pouvoirs de manière frontale, Wingard retrouve ses capacités d’antan. Celui que l’on a connu redoutablement efficace avec You’re Next ou des segments de V/H/S, se lâche et, comme libéré d’un fardeau de mise en place et de respect de l’œuvre de Sanchez et Myrick, exprime son cinéma : pas fin mais jouissif et prenant. C’est ainsi qu’il emballe et enchaîne des séquences tantôt malsaines, tantôt violentes mais toujours bien trouvés. De la scène de l’escalade de l’arbre, aux tentes qui volent en passant par la découverte de l’intérieur de la maison du premier volet jusqu’à des moments de claustrophobie, Wingard semble prendre un malin plaisir à concocter un final en montagne russes ponctué par une conclusion bien sentie.

Certes, ces exubérances de réalisation et les incohérences qu’elles engendrent tant dans l’histoire que dans le montage viennent mettre à mal le style found footage réaliste du film et anéantir le côté viscéral du premier opus mais permettent de donner un second souffle à l’ensemble et surtout d’enfin proposer du rythme, des moments angoissants, d’exposer des décors macabres et de donner quelques frissons aux spectateurs.

Projet casse gueule par essence, ce Blair Witch, bien que pas totalement enthousiasmant, est sauvé par la maîtrise d’un Adam Wingard qui a su injecter son art du cinéma plus traditionnel dans l’univers Blair Witch. En cassant la première partie et en la rendant moins convenu, le film aurait certainement gagné en qualité. A défaut de cela, on se réjouira d’une seconde partie bien troussée. Ah et sinon, c’est bien beau de mettre un drone mais faut-il encore qu’il serve le scénario, non ?


Titre français : Blair Witch
Titre original : Blair Witch
Réalisateur : Adam Wingard
Scénariste : Simon Barrett
Musique /
Année : 2016 / Pays : Usa
Genre : Found-footage / Interdiction : -12 ans
Avec Corbin Reid, Wes Robinson, Valorie Curry...



Sylvain GIB

BLADE TRINITY (2004)



L'HISTOIRE : A l'aide d'une manipulation d'image, les vampires ont piégé Blade : sur un document vidéo, on le découvre en train de massacrer un humain. Pour le FBI, Blade devient l'ennemi à capturer. Ce dernier va devoir se battre sur tous les fronts...


MON AVISAprès deux opus de bonne facture, un premier volet réussi signé Stephen Norrington en 1998 et un deuxième volet impressionnant réalisé par Guillermo Del Toro en 2002, c'est au tour de David S.Goyer (scénariste entre autres de Blade et Blade 2) de mettre sur pellicule en 2004 le troisième épisode du désormais célèbre chasseur de vampires Blade. A la fois scénariste et réalisateur, David S.Goyer refait donc appel à l'acteur Wesley Snipes pour de nouvelles aventures, cette fois-ci bien plus soft et plus axées vers l'humour que ce que nous avaient offert les deux premiers volets de cette trilogie vampirique contemporaine. La sauce prend-elle encore malgré ces quelques déviations volontaires? La réponse dans les lignes qui suivent…

Ce que l'on peut tout de suite dire à propos de cet opus, c'est qu'il tranche net avec le deuxième volet qui, lui, était bien plus sombre et horrifique (du grand art que nous avait encore montré Guillermo Del Toro) que les deux autres. C'est justement peut-être ce qui fait la force de cette trilogie : chaque épisode a un style différent et tout le monde peut donc y trouver son bonheur, selon le ou les opus concerné(s). En ce qui concerne ce troisième volet, David S.Goyer semble vouloir reconquérir un public plus large avec cet épisode très hollywoodien, à l'humour excessif par moment et sans véritable grand débordement sanglant. En effet, le film contient son lot de scènes d'action et de courses poursuites en tout genre (à pied, d'immeubles en immeubles, en voiture…) : l'entrée en scène de Blade est assez efficace bien que très hollywoodienne (cascades de voitures, gun-fights à tout va…) et nous montre clairement que cet opus est destiné à (presque) toute la famille.

Par contre, là où le film prêche singulièrement, et excusez-moi mais je risque d'être un brin méchant et moqueur avec ce qui suit, c'est sur son casting déplorable. Même si Wesley Snipes reste toujours bien ancré dans son personnage charismatique, ce n'est malheureusement pas le cas des autres personnages qui ne sont en rien attrayants. Au programme, nous avons droit à un certain Ryan Reynolds (Amityville 2005) dans le rôle d'un jeune chasseur de vampires arrogant, orgueilleux et à l'humour au ras des pâquerettes, et une certaine Parker Posey (ConeheadsScream 3) dans la peau d'une cheftaine vampire qui ne cesse de surjouer, ce qui en devient vite énervant. Le pire pour ces deux acteurs cités précédemment, c'est quand vous les mettez ensemble dans une scène : vous obtenez alors une séquence complètement loupée, mal interprétée, aux dialogues qui tournent en rond et qui se limitent à des injures de gosses (je ne sais plus combien de fois on entend le mot "bi**"). A ces deux phénomènes de foire, ajoutons les acteurs Dominic Purcell (Equilibrium) dans le rôle de Drake, un méchant qui ne dégage guère de crainte et parait peu malin sous ses faux airs de grosse brute (heureusement que l'on peut le voir sous deux formes : sa forme humaine que je viens de décrire rapidement, et sa forme vampirique qui est nettement plus intéressante : un monstre rouge et noir avec une mâchoire de Predator et un visage tout droit sorti des flammes de l'Enfer) ainsi que Triple H (catcheur américain) dans la peau d'un vampire baraqué un brin naïf et bagarreur du nom de Jarko Grimwood. Cependant, on prend plaisir à revoir le sympathique Kris Kristofferson (BladeBlade 2) dans le rôle de Whistler, l'ami de Blade (même si sa prestation ne dure guère longtemps), et David S.Goyer nous gratifie de la présence de la très belle Jessica Biel (Massacre à la tronçonneuse 2003) dans un rôle plutôt convaincant de chasseuse de vampires (notons par ailleurs que c'est la fille de Whistler dans le film).

Pour ce qui est du scénario à proprement parlé, c'est certes simple et très commun mais c'est efficace et parfois c'est tout ce qu'on demande à une seconde suite. Cependant, un scénario un peu plus fignolé n'aurait pas été un mal mais bon, passons ce point et prenons ce troisième opus comme pour ce qu'il est avant tout : un pur divertissement.

Parmi les touches d'humour dont le film nous gratifie, on retiendra surtout deux séquences. La première est la scène où des jeunes vampires s'en prennent à la fille de Whistler et tombent dans un piège consistant à mettre en guise d'appât un poupon avec écrit dessus fuck you et aspergeant de l'ail au visage de ses ravisseurs. La deuxième est la scène où Drake entre dans un magasin satanique où l'on vend, sous son regard perdu, des articles un peu olé olé tels que des vibromasseurs vampires, une boisson appelée dracola… Bref, la petite boutique des horreurs quoi !

Mis à part le casting fort moyen qui accompagne notre cher Wesley Snipes et ces quelques touches d'humour bien lourdes par moments, Blade Trinity reste un bon petit divertissement. Le rythme du film ne s'essouffle à aucun moment, ceci grâce à des scènes de combat assez nombreuses et dont les chorégraphies sont plus que correctes (surtout les combats dans le quartier général de nos amis suceurs de sang). Ajoutons à cela quelques cascades de voitures, des défenestrations à tout va et des courses poursuites à gogo et vous obtenez un film au rythme bien dosé, voire même survitaminé par moments, même si, comme je l'ai déjà dit plus haut, c'est typiquement hollywoodien et donc parfois un brin exagéré…

En ce qui concerne l'aspect visuel du long-métrage de David S.Goyer, là non plus on ne remarque pas de véritable défaut mis à part quelques ralentis peu esthétiques (notamment la scène où la vitre teintée du commissariat explose suite à la défenestration de l'un des vampires : une scène que le réalisateur choisit de montrer très, voire trop, lentement, ce qui gâche incontestablement la scène).

Les couleurs restent toujours assez sombres, dans les teintes bleutées, violettes et noires à la Underworld, et certaines séquences rendent particulièrement bien dans des nuances jaunes et noires (la scène où Hannibal King se fait taper dessus par les vampires et se retrouve par terre, ensanglanté).

Concernant les effets spéciaux, nous avons encore droit à des vampires qui partent en cendres comme le veut la tradition dans la saga mais on nous livre ici quelques métamorphoses vraiment sympathiques (merci le numérique) comme celle de Drake en monstre ou encore celle de Danica Talos (alias Parker Posey) qui se voit dépérir suite à un virus ravageur (des veines bleues surgissent tout à coup sur son visage horrifié). Soulignons également l'apparition de chiens vampires plutôt bien réussis mais qui malheureusement disparaîtront assez rapidement de nos écrans.

Mais une des grandes nouveautés de ce Blade reste la panoplie d'armes mises à disposition de nos chasseurs de vampires : au programme, des arcs à UV, des mini-roquettes, des pistolets électroniques qui crachent des balles explosives sources d'UV. Bref, un éventail d'armes sorties tout droit d'un épisode de Quake ou Unreal Tournament ! Ces armes hyper sophistiquées témoignent bel et bien d'une volonté de vouloir faire de cet opus un film pour tous publics : le Blade nouveau et futuriste est arrivé!

Enfin, finissons par la bande originale de Blade Trinity. Là encore, on retrouve une tête figurant déjà sur l'opus précédent : je parle bien entendu de l'excellent RZA, membre du Wutang Clan. Bien plus axée sur les musiques électroniques (seul le générique de fin nous propose du hip hop), la bande originale s'avère être plutôt rafraîchissante même si l'on peut toutefois déplorer que certaines scènes souffrent d'un trop-plein de musiques. Pour les intéressés, on distinguera entre autres du trip hop, de la dance, de l'électronique, du hardcore et des musiques de club assez diverses.

Au final, Blade Trinity s'avère être un pur divertissement, délaissant l'horreur et l'angoisse du deuxième opus pour jouer la carte de l'humour et de l'action à gogo. Malgré de bons effets spéciaux et des chorégraphies de combat fort sympathiques et bien orchestrées, ce dernier opus de la trilogie des Blade déçoit terriblement par son casting déplorable (mis à part quelques acteurs qui s'en sortent bien tels que Wesley Snipes et Jessica Biel) et par ses touches d'humour qui s'avèrent très lourdes et puériles qui donnent à cet opus un sentiment d'inachevé, voire de gâchis. Dommage diront certains car le film possédait d'indéniables qualités…


Titre français : Blade Trinity
Titre original : Blade Trinity
Réalisateur : David S. Goyer
Scénariste : David S. Goyer
Musique : Ramin Djawadi, RZA
Année : 2004 / Pays : Usa
Genre : Vampire, Super-héros / Interdiction : /
Avec Wesley Snipes, Kris Kristofferson, Jessica Biel, Ryan Reynolds, 
Parker Posey, Dominic Purcell...




David MAURICE