BEYOND THE BLACK RAINBOW (2010)

 

Titre français : Beyond the Black Rainbow
Titre original : Beyond the Black Rainbow
Réalisateur : Panos Cosmatos
Scénariste : Panos Cosmatos
Musique : Sinoia Caves
Année : 2010
Pays : Canada
Genre : Science-fiction
Interdiction : -12 ans
Avec Evan Allan, Michael Rogers, Scott Hylands, Rondel Reynoldson...


L'HISTOIRE : Au début des années 80, la tentation d'évasion désespérée d'une jeune femme séquestrée derrière une vitre dans un laboratoire expérimental, et surveillée par le mystérieux docteur Barry Nyle...


MON AVISCeux qui souhaitent plonger dans un trip psychédélique dans le monde de la science-fiction à l'ancienne bourrée de références cinématographiques des années 70-80 seront servis ! Beyond the Black Rainbow est la petite série B passée inaperçue et qui pourtant suscite un intérêt particulier par son aspect expérimental et sensoriel.

Le Dr Arboria créé une fondation dirigée par le mystérieux docteur Barry Nyle, qui séquestre une jeune fille dont les capacités psychiques sont très développées. Ses entretiens quotidiens avec elle permettront un passage dans une succession de séquences démentielles à l'esthétisme parfait : couleurs surexposées, géométrie et jeu de symétrie et de reflets gérés au millimètre près, musique envoûtante à mi-chemin entre John Carpenter et Tangerine Dream, mouvements de caméra adoucis et ralentis et j'en passe. Juste de quoi nous plonger dans un univers surnaturel où chacun y verra son propre rapprochement aux classiques du genre, que ce soit Tron, L'âge de Cristal, La Forteresse Noire, Solaris, 2001: l'Odyssée de l'Espace, La Montagne Sacrée, THX 1138 et bien d'autres.

Panos Cosmatos réalise un premier film et brouille les pistes scénaristiques en ouvrant différentes portes de possibilités sans jamais les explorer. Le manque d'explications en agacera certains mais permettra à d'autres de s'évader complètement au milieu de ces images fabuleuses, ultra-stylisées et hypnotiques accompagnées de l'incroyable musique signée Sinoia Caves.

Un voyage au coeur de l'abstraction d'Arboria où décor, récit et personnages ne sont que des éléments hermétiques pour faciliter l'exploration d'un cadre somptueux à l'ambiance onirique. Le style de l'image varie souvent et rend la totalité du film indescriptible tant le détail de chaque tableau change la construction d'une quelconque interprétation.

La trame scénaristique se perd dans la démence de ce lieu intemporel et nous empêche d'apercevoir une éventuelle issue pour un dénouement et une conclusion logique à toutes ces scènes insolites d'une beauté inouïe.

Les éléments les plus mystérieux seront probablement le dévoilement du véritable aspect du docteur Barry Nyle et l'apparition du sentionaut, ce personnage mystique à allure classieuse dans une combinaison vintage élégante. La découverte de son visage est d'ailleurs aussi effrayante que captivante car le mystère de sa présence et de son aspect restera entier, et c'est surement ce qui fait la force de ce personnage emblématique.

S'étalant sur une durée de 1h50, la douceur de l'atmosphère sensorielle peut vite devenir soporifique tant les séquences étonnantes et apaisantes du film bercera votre esprit.

Cet exercice de style poussée à l'extrême dans son impact visuel et sonore est une découverte que chaque cinéphile amateur d'OFNI se doit de tenter. C'est comme si Kubrick, Lynch, Cronenberg et Michael Mann s'étaient regroupés pour former un cocktail d'images et d'effets sonores dans un film singulier déstabilisant.

Le charme atmosphérique jouera parfaitement son rôle jusqu'au dernier quart d'heure où tout se dissimulera pour terminer dans un monde plus rationnel où le genre du slasher basique pointera le bout de son nez sans que l'on sache quelle direction Cosmatos a voulu prendre en abordant cette thématique.

Une désorientation totale du spectateur apparemment volontaire de la part du réalisateur, difficilement compréhensible mais toutefois assez intrigante pour donner l'espoir de voir quelque chose de nouveau dans sa filmographie en lien avec cet essai hypnotique et fantasmagorique.




Nicolas BEAUDEUX

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